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Jeudi 16 mars 2006
Il est des évènements dans l'actualité qui renforcent ma conviction politique.
La propagande mensongère en est un.

Que nous disent les "anti-CPE" de gauche ? Ils affirment qu'un jeune pourra se faire licencier pendant les deux ans de la période d'essai sans motif.
Quatre mensonges dans la même phrase !

Premièrement, aucun patron n'a intérêt à créer un poste dans son entreprise pour un jeune si c'est pour le virer au bout de quelques mois et supprimer le poste, quelques mois au cours desquels il aura engagé des frais d'embauche, de formation interne (donc du temps), et des coûts de subordination. Supprimer le poste, car pendant la période il s'agit d'un test de viabilité de l'emploi, pas du travailleur. Si le travailleur est en cause, l'employeur pourra toujours le licencier pour faute, faute grave ou faute lourde, ou le sanctionner au regard du règlement en vigueur.

Deuxièmement, il ne s'agit pas forcément de deux ans, mais de deux années maximum négociables. Il se peut très bien que l'employé se voit offrir une période de "pré-CDI" d'un an ou moins, notamment si plus tôt il a effectué un stage ou un CDD dans le même poste.

Troisièmement, il ne s'agit pas d'une période d'essai. La période d'essai (deux mois dans le CDI) permet à l'employeur de jauger les capacités de travail et d'adaptation du nouveau salarié. La période de consolidation du CPE et du CNE doit permettre, comme je l'ai déjà dit, de juger la viabilité de l'emploi nouvellement créé. S'il s'avère pendant la période de deux ans (maximum !) que l'entreprise ne peut plus supporter et assumer ce nouveau poste, l'employeur pourra procéder au licenciement du travailleur.

Et enfin quatrièmement, il n'a jamais été question de licenciement sans motif, mais de licenciement sans motivation, et la distinction est essentielle. Le patron lorsqu'il voudra rompre un CPE n'aura pas à préciser sur la lettre de licenciement (alors que c'est obligatoire dans un CDI sous peine de dommages et intérêts) le motif du licenciement. C'est donc la motivation du licenciement qui n'est plus demandée. Par contre, si le travailleur débarqué fait appel devant le tribunal des prud'hommes dans le cas d'une suspicion de licenciement abusif ou discriminatoire, le patron devra impérativement fournir le motif du licenciement, sous peine d'une lourde sanction pécuniaire.

Les mensonges ont la peau dure, plus dure que les textes de loi. Il est difficile de s'y attaquer tant les médias qui les relaient les légitiment. On a vu la même chose dans la campagne au sujet du traité constitutionnel. Et dieu sait à quel point je suis contre le CPE et contre cette absurdité de ne pas avoir à fournir de motif dans la lettre de licenciement. Mais pour critiquer un texte de loi, encore faut-il savoir de quoi on parle.

Si c'est ça la politique, alors j'en assume entièrement les conséquences en me retirant définitivement de...*

*petit clin d'oeil !
Par Bonni - Publié dans : Coups de gueule
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Dimanche 12 mars 2006
Je suis sincèrement révolté par l'occupation des facultés par des "élèves" qui manifestent leur mécontentement contre le contrat première embauche. Alors on veut faire comme papa et maman ? Génération mai 68 bis ? Quelle escroquerie !
Ces jeunes "révolutionnaires" fébriles, embrigadés, ne se battent que pour une faible cause, et surtout de fausses raisons.
"Allez, on va faire des barricades dans la Sorbonne avec deux bancs !"... Certainement de quoi repousser des CRS, d'ailleurs bien plus nombreux que nécessaire.
Alors quel impact positif ? Peut-être que l'opinion aura compris à quel point la révolte est puérile et démesurée. Impact négatif ? 10 % des élèves empêchent les 90 autres % à suivre les cours, à quelques mois des examens. Dans la célèbre faculté parisienne des cours se sont même improvisés dans les cafés environnants... navrant !
Peut-on repousser une réforme, déjà passée, en étant impopulaire, imprécis, destructeur ?
Personnellement, je ne le pense pas.
Par Bonni - Publié dans : Coups de gueule
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Mardi 7 mars 2006

Alors qu'une "grande" mobilisation a fait trembloter le pavé des rues de nos grandes villes aujourd'hui, il est temps de faire un rapide bilan de ce qui sort de cette mobilisation.
Je serais tenté de dire : mouais mouais. Mais regardons les choses en face.
La loi sur la solidarité blablabla a déjà été à moitié votée à l'assemblée par les représentants élus du peuple deux jours plus tôt, donc dénoncer une décision parlementaire est quelque peu... anti-démocratique ! C'est comme protester contre les résultats d'un vote (tiens ça me rappelle quelque chose...).
Alors ou ce sont les élus qui représentent la volonté des français, ou c'est une poignée d'étudiants boutonneux qui avaient en cette belle journée de mars envie de rater les cours pour aller manger quelques merguez et faire la fête dans la rue.
Mis à part cela, tous les arguments que l'on a entendu sont les mêmes que ceux proposés par l'opposition de gauche ces dernières semaines : précarité (vilain mot pour dire flexibilité...), période d'essai de 2 ans (alors qu'il s'agit en réalité d'une période de consolidation, ce qui sur le plan juridique n'a pas du tout le même sens)...
Si vous avez lu mon premier article sur le CPE, vous avez certainement pu remarquer que je suis contre cette réforme contractuelle, étant de principe contre l'uniformisation et la sur-normalisation contractuelle surtout dans le monde de l'emploi.
Mais, si je veux me faire l'avocat du diable, je peux dire que cette campagne anti-flexibilité qui flotte dans la vague anti-libéralisme du moment est totalement ridicule tellement ses arguments n'ont pas de sens.
On nous dit que la flexibilité permet de virer un employé n'importe quand, mais qu'importe d'être renvoyé lorsque l'on peut trouver un emploi dans les 3 mois en moyenne, comme aux USA. Si je ne m'abuse, la moyenne en France oscille entre 9 et 12 mois en fonction de la qualification du chômeur... De plus, personne n'a jamais réussi à m'expliquer en quoi il serait avantageux pour le patron de renvoyer un employé sans raison du jour au lendemain, encore plus s'il est bon ! Lorsqu'on connaît les coûts de recrutement, et de formation interne d'un nouvel employé, je ne vois pas l'intérêt de changer de travailleur à moins qu'il soit vraiment incompétent ou alors que l'entreprise est dans une mauvaise passe.
Alors que voulez-vous, messieurs les moralisateurs ? Forcer les entreprises à garder les mauvais employés quel qu'en soit le prix ? Une entreprise n'est pas créée pour faire du social, elle est faite pour produire. Et lorsque l'on connaît le nombre d'excellents éléments nouvellement formés, quel est le sens de verrouiller le marché du travail au détriment des chômeurs ?
On nous dit que les jeunes ayant contracté un CPE auront du mal à trouver un crédit à cause de la flexibilité de leur contrat... Savez-vous que les ménages américains sont les plus endettés du monde ? Pourtant question flexibilité contractuelle aux USA difficile de faire mieux !
Il faut sortir de ce schéma "une vie, un emploi" ! Ca, c'est fini depuis longtemps. La jeune génération actuelle connaîtra dans sa vie sûrement 5 emplois (plutôt longs) différents ou peut-être plus ! Et alors ? L'expérience, le renouvellement, n'est-ce pas mieux que 40 années de routine ?
Mon plaidoyer est loin d'être complet, il y a encore beaucoup de choses à dire sur la flexibilité.
Une chose est sûre : à moins de vouloir se contenter encore longtemps de 10 % de chômage, il faudra un jour ou l'autre réformer cette planque qu'est devenu le CDI.
Le vieux grimoire du droit du travail français a besoin d'être dépoussiéré, et pas mal allégé. Pourquoi ne pas commencer par la partie sur les types de contrat ?
Par Bonni - Publié dans : Commentaires
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