Personnellement, je redoute tellement cette évolution que j'irai certainement la suivre de loin, bien au chaud dans un pays véritablement démocratique.
Car il est des choses qui ne se démentent pas : la France n'est pas une démocratie, c'est avant tout une république dont le pouvoir s'émiette.
Ce n'est plus le vote qui décide, c'est la manifestation, c'est le syndicat, ce sont les sondages.
Tous les principes français tels qu'on ose ici les décrire, voire même les encenser, sont considérés comme des acquis par ceux qui en profitent, comme des boulets par ceux qui les financent.
Malheureusement pour ces premiers usurpateurs, sans financement un acquis se transforme vite en dette, et le financement commence à manquer à mesure que les financeurs (les véritables travailleurs) quittent le navire.
Mais que faire des dettes, elles ne sont rien face aux acquis. Elles deviendront seulement les acquis de nos enfants, et certainement le seul. Débuter dans la vie avec plusieurs milliers d'euros de dette, n'est-ce pas un des résultats de la politique déraisonnée des gouvernements immobilistes qui se sont succédés durant toutes ces années ?
Oui bien sûr, mais la vie politique étant considérée en terme de carrière, et non en terme de conviction, il est difficile d'en faire autrement.
Quel homme politique oserait se griller, et griller son avenir, pour le bien au long terme de son pays ?
La réponse aujourd'hui est claire : aucun. Le gros problème de la France est que les élites sont formées pour être élites, et si elles ne le sont pas, alors elles sont rien.
Qui donc se risquerait à devenir ce "rien" ? Alors que cinq ans de plus à la tête de l'Etat sont envisageables, personne n'y aurait intérêt.
Serait-ce intéressant alors de réfléchir à la limitation à un mandat pour tous les présidents ? Je le pense.
Le système actuel est incompréhensible. Le sénat est inutile, mais qui oserait toucher à cette institution ? L'assemblée n'est pas représentative, mais qui changerait les règles ?
La France perd la tête, au point même qu'une loi votée par l'assemblée, par le sénat, validée par le conseil constitutionnel et promulguée par le président n'est pas applicable car ce dernier demande au peuple de ne pas l'appliquer. Où va-t-on ?
Dans ce million de manifestants qui a parcouru les rues à deux reprises le mois dernier, combien étaient mineurs, c'est-à-dire inaptes à exercer le droit de vote démocratique ? Donne-t-on le pouvoir désormais aux enfants ? Aux cotes de popularité ? Aux syndicats de fonctionnaires nullement concernés ?
On nous dit désormais que la politique doit s'exercer avec le veto des organisations professionnelles. Est-ce que les gens se rendent compte de l'absurdité même de cette affirmation ?! Les syndicats de travailleurs, lobbies oligopoles communistes représentant une minorité et financés par nos impôts, auraient le même pouvoir que les législateurs élus par l'ensemble du peuple ?
En effet c'est un constat très fourni et très désordonné, mais la situation va tellement mal que l'on pourrait en discuter sur des centaines de pages encore.
Pourvu qu'elle ne s'aggrave pas avec le passage du PS l'an prochain.
Ce serait certainement mon ticket d'exil, avec pour mot d'adieu : "Vous l'avez voulu ? Eh bien maintenant débrouillez-vous !"
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